Edouard FachleitnerPresque vainqueur du Tour de 1947
« A 1947 j'étais un des favoris du Tour de France.
Mais, j'étais dans l'équipe de France et avec moi, dans la même équipe, était René Vietto.
Dans le troisième étape il a pris le maillot jaune.
Moi j'étais obligé d'aider Vietto, qui a gardé le maillot jaune jusqu'à la 16ème étape.
Dans l'équipe France Sport on était ensemble toute l'année, Vietto, Lazarides et moi.
Vietto a gardé le maillot jaune jusqu'à la 16ème étape, parce que nous l'avons aidé.
A la 17ème étape on avait le contre la montre. Ce jour il a perdu le maillot - et le Tour - parce qu'il était seule.
Moi, j'ai eu la chance d'être devant quand même:
j'étais 4ème au classement generale.J'ai été battu par Robic dans la dernière étappe. On s'était echappé tous les deux. Lui, il n'a pas pu me lacher, moi je n'ai pas pu le lacher non plus. On est arrivé ensemble. Robic a gagné, parce qu'il avait plus de bonifications que moi, qui avait toujours été avec Vietto, derière. Robic a gagné avec trois minutes d'avance de bonifications. C'est moi qui a mis le meilleur temps du Tour de France de 1947. » - Vietto avait été un peu surestimé a cause de ces exploits avant la guerre? « Oh, c'était un grand coureur. Les organisateurs du Tour de France aurait aimé que Vietto gagne. Il était très, très populaire! » - C'était un ami de vous. « Un ami! On courait toute l'année ensemble, on était dans la même équipe. » - Et Robic était un ami aussi. « Oui, c'était un ami. Ce n'est pas parce qu'il m'a battu que... [rit] » - Il se plaignait toujours qu'il avait tant de malheur. C'était vrai? « Il a quand même eu la chance de gagner le Tour de France. La chance! Parce que j'étais accidenté dans le col d'Aubisque, j'ai perdu le pédale du vélo. J'ai perdu vingt minutes ce jour-là. À '47 j'ai perdu le Tour au col d'Aubisque. »
« Oui... Je marchais bien. J'ai gagné le Dauphiné Libéré, quinze jours avant le Tour de France. Et cet édition du Dauphiné était très dur: tous les jours des cols. Donc oui, j'étais un grand favori du Tour de France. Mais à la septième étappe Bobet prend le maillot jaune... L'année ‘48 encore une fois j'étais dans l'équipe de France, comme Bobet. Et le soir même ou il a pris le maillot, le directeur technique a l'époque on est venu me trouver. C’était Archambaud, ancien coureur. Il m'a dit: 'Fachleitner, nous avons le maillot jaune dans l'équipe de France et demain il faut l'aider.' Le lendemain il y avait le col d'Aubisque a grimper, et beaucoup des autres cols. - Il était égoïste? « Égoïste, voilà! C'est le terme: égoïste! Et c'est lui qui a demandé aux organisateurs, quand il a eu le maillot: 'Il faut que Fachleitner reste, qu'il m'aide. » - Vous êtes aussi parti a cause de ce qu'il est passé avec Vietto à '47? « Oui, je ne voulait pas recommencer l'histoire de l'année avant. » - Et l'année après? « Alors à 1949 je suis reparti dans le Tour, mais plus dans l'équipe de France, j’étais le leader de l'équipe de Sud-est. »
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